COIN PRESSE

Pour lire l’article « Interroger l’écologie du Trail » de Pierre Chambaud

Interroger l’écologie du trail

ITINÉRANCE ■ Deux Cantaliens vont traverser les Alpes et cinq pays à vélo pour étudier l’impact de ce sport

Pour valider son diplôme d’ingénieur, Thomas Gargne avait besoin de réaliser un projet à l’étranger. Plutôt que de solliciter un stage ou un échange universitaire, il a décidé d’aller interroger l’impact écologique du trail, à vélo, à travers les Alpes, avec Guillaume Johanny.

Pierre Chambaud

Le programme s’annonce copieux. Chamonix, Sierre (Suisse), Innsbruck (Autriche), Cortina d’Ampezzo (Italie). Trois semaines de vélo, des journées à 100 kilomètres pour 1.800 mètres de dénivelé avec une vingtaine de kilos sur le dos. Rien que ça, déjà, pourrait effrayer Thomas Gargne et Guillaume Johanny.

Aujourd’hui, les deux amis partiront pour ce périple de plus de 4000 kilomètres à travers les Alpes pour 6 à 8 semaines (avec, pour les connaisseurs, un détour gourmandise du côté du col du Stelvio). Le programme serait déjà suffisamment copieux, mais ils ont rajouté de quoi alimenter leurs esprits pendant les longues montées froides des cols alpestres.

« Pour valider mon école d’ingénieur en agronomie et environnement, j’avais besoin d’un projet à l’étranger de quelques semaines, explique Thomas Gargne, étudiant à AgroParis Tech. On avait envie de se lancer dans une itinérance. » Les premières moutures du projet s’intéressent à l’avenir des stations de ski avec le dérèglement climatique, puis la réflexion a mûri, autour du sport et de son impact sur la montagne, avant de finalement resserrer la focale sur l’impact écologique du trail.

Infuser des réflexions dans le monde du trail cantalien

« On peut supposer que c’est un sport de montagnard en extase devant la montagne, explique Thomas Gargne. Mais il s’est beaucoup marchandisé, au point de se demander s’il n’y a pas un paradoxe. » Régulièrement, les deux jeunes hommes vont donc s’arrêter sur des étapes définies. Le départ fictif, c’est Aurillac, là où tout a commencé. Le vrai, c’est Grenoble, avant Chamonix, cœur de l’UTMB, un ultra-trail. Puis Sierre, ville de trail, Innsbruck, le Chamonix autrichien, ou encore Cortina d’Ampezzo, départ du Lavaredo, un ultra-trail qui permet d’interroger la notion de surtourisme.

Pour les profils interrogés, ce sera sous une forme de table ronde, avec des sociologues, des sportifs, des élus, des organisateurs, des naturalistes… « On veut discuter, laisser de la place au spontané et à l’humain. Il y aura des entretiens préparés mais aussi de la place à l’inattendu », explique Guillaume Johanny.

Pas question de garder ça pour eux. L’aventure sera disponible sur le compte Instagram en_selle_prod, avec une petite vidéo tous les soirs, sur un ton proche de Nus et culottés, émission de télévision où les protagonistes évoluent au gré des rencontres, filment comme ils peuvent, avec un dispositif très léger, pour donner de la place aux rencontres.

Surtout, à l’issue du parcours, un film sera monté avec l’ensemble des rencontres. Celui-ci sera diffusé avec les partenaires du duo Au magasin de vélo, à Aurillac, ou Tom15, l’association qui organise l’UTPMA, avec une projection au centre de congrès, notamment grâce à la Ville.

Et toutes les informations glanées dans les Alpes ont ainsi vocation à venir profiter au microcosme du trail cantalien, bien ancré dans le paysage national, mais en constante évolution et progression. « L’idée c’est d’apporter de la discussion localement, dans les trails du coin », termine Thomas Gargne. On en oublierait presque qu’ils feront tout à vélo. Et pourtant, le programme est copieux…